Sud-Ouest.com, 4 novembre 2008

Vincent_Feltesse

VINCENT FELTESSE. Partisan de la motion E, le président de la CUB estime que Ségolène Royal est la seule qui a les moyens de renouveler le PS en profondeur

Vincent Feltesse, le président de la Communauté urbaine de Bordeaux et maire de Blanquefort, soutient la motion E de Ségolène Royal, après avoir été l'un des premiers à suivre le maire de Lyon Gérard Collomb. Il a aussi été à l'origine des adhésions par Internet à 20 euros.

« Sud Ouest ». Qu'est-ce qui peut décider aujourd'hui un militant socialiste à voter pour la motion de Ségolène Royal ?

Vincent Feltesse. Le désir de renouvellement et d'ouverture est toujours présent. Il faut que ce congrès fasse bouger les lignes. D'autre part, je rappelle que nous avions évoqué la crise financière dans notre motion avant le déclenchement de celle-ci, et nous avons anticipé le problème. Enfin, Ségolène Royal et Gérard Collomb répondent aux aspirations populaires. Si Ségolène a été battue à la présidentielle, elle n'en a pas moins obtenu les voix des jeunes et des immigrés, ce qui n'était pas le cas avant.

3 Vous parlez de vote populaire mais la motion de Benoît Hamon ne colle-t-elle pas davantage aux aspirations du peuple en période de crise ?

Parmi les principaux responsables socialistes, seule Ségolène Royal s'est déplacée pour rencontrer sur place les ouvriers de Ford. Quand j'entends Benoît Hamon prôner un moratoire sur les délocalisations, je lui demande comment il fait concrètement pour les 1 600 emplois de l'usine blanquefortaise.

3 Au départ, vous souteniez la motion de Gérard Collomb, sur laquelle s'est greffée Ségolène Royal. Ces élus des grandes villes ne risquent-ils pas d'institutionnaliser votre motion ?

Je ne crois pas. Gérard Collomb est lui-même issu d'un milieu populaire. Dans sa ville, il ne se limite pas aux incantations. Il a la capacité d'inventer une politique urbaine de gauche. Il exprime également la nécessité de sortir d'un socialisme parisien, comme nous tous qui le soutenons.

3 Il se dit que Ségolène Royal pourrait arriver en tête.

Attendons le 6 novembre et respectons les militants. 230 000 adhérents, c'est trop peu pour organiser un sondage. Et ce petit nombre, pour un parti d'opposition, fait hélas du PS une exception européenne totale.

Auteur : Propos recueillis par Hervé Mathurin

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