21 décembre 2008
SEGOLENE ROYAL ET SON EQUIPE CONTINUENT ET APPELLENT A RASSEMBLER AU PS ET A DESIRS D'AVENIR
Message de Ségolène Royal, le 21 décembre 2008
Vidéo envoyée par segolene-royal
L'équipe de Ségolène Royal reste unie et se réunit tous les mardis.
Un groupe de députés existera à l'Assemblée nationale avec Jen-Louis Bianco, un autre au Sénat avec François Rebsamen.
Les 50% de militants ayant voté pour Ségolène Royal doivent agir dans leurs sections et dans leurs fédérations en défendant leurs idées et en appelant au respect de la part des autres.
De nouveaux militants doivent être attirés au PS.
Désirs d'avenir continuera ses actions, réflexions et débats et montera en puissance.
Sociologues, universitaires, citoyens engagés, étudiants, militants, syndicalistes seront les bienvenus.
Désirs d'avenir sera une source d'éducation populaire.
Cités d'avenir doit servir de laboratoire pour la résorption des problèmes dans les banlieues.
Désirs d'avenir doit être adossé au mouvement social, une plate-forme devant relayer les luttes sociales passées sous silence. Chacun pourra y présenter ses reportages, ses entretiens, les faits et les témoignages récoltés sur le terrain.
Des "actions de solidarité de proximité" pourront ici en découler.
18 décembre 2008
INTERVENTION AU BRESIL DE SEGOLENE ROYAL SUR LES BUDGETS PARTICIPATIFS
"Le socialisme, c'est la démocratie jusqu'au bout"
Jean Jaurès
"La liberté politique signifie le droit d'être participant au gouvernement ou ne signifie rien."
Hannah Arendt
Désirs d'avenir, 11 décembre 2008
"Ségolène Royal est intervenue en visio-conférence lors du séminaire international sur les budgets participatifs à Belo Horizonte (Brésil).
Intervention de Ségolène Royal (en visio-conférence) :
Bonjour Belo Horizonte !
Bonjour à vous, Monsieur le Maire, cher Fernando Pimentel, que nous avions eu le plaisir d'accueillir à la Maison de la Région en Poitou-Charentes en 2007, lors de nos rencontres annuelles Europe/Amériques sur la démocratie participative.
Je salue également votre successeur qui prendra ses fonctions en janvier prochain.
Ainsi que toutes celles et tous ceux – représentants de nombreuses villes brésiliennes qui ont mis en place des budgets participatifs, chercheurs, acteurs de terrain, notamment des Comforças – qui prenez part à ce séminaire international, à l'initiative des promoteurs de la passionnante démarche mise en oeuvre depuis 15 ans à Belo Horizonte.
J'aurais beaucoup aimé me trouver parmi vous aujourd'hui, comme me l'avait aimablement proposé Fernando Pimentel.
Cela ne m'a malheureusement pas été possible.
Mais la magie des techniques modernes de communication me permet d'être quand même un peu parmi vous.
Je suis donc très heureuse d'avoir l'occasion de vous dire certaines choses qui me tiennent à coeur. Et de verser à vos débats la façon dont, dans la Région que je préside, en Poitou-Charentes, nous nous efforçons de faire vivre une démocratie participative qui donne aux citoyens un vrai pouvoir d'orientation mais aussi d'évaluation des politiques publiques régionales.
Permettez-moi, pour commencer, d'honorer une dette :
sans les initiatives fondatrices de Belo Horizonte et de Porto Alegre, sans cette incitation à imaginer et cet encouragement à passer à l'acte, qui nous sont venus d'un grand pays, le Brésil, qui est aussi un laboratoire de pratiques politiques innovantes, sans doute ne verrions-nous pas essaimer sous toutes les latitudes ces Budgets Participatifs qui furent d'abord conçus et mis en place à grande échelle chez vous.
Ce droit d'aînesse, en quelque sorte, en matière de budgets participatifs, me semble, chers amis brésiliens, un juste retour des choses : c'est ce qu'Yves Sintomer, dont les travaux nous accompagnent depuis des années, a joliment appelé « le retour des caravelles ».
Le Budget Participatif des Lycées en Poitou-Charentes
Je voudrais vous dire quelques mots de la manière dont nous avons imaginé et mis en oeuvre (nous sommes d'ailleurs la seule région de France à l'avoir fait) une expérience adaptée à ce que nous sommes : une Région et non une ville, avec des missions spécifiques dans un pays, la France, dont le paysage institutionnel est différent de celui du Brésil.
Nous voulions aussi que ce Budget Participatif soit doublement « inclusif » :
- dans chaque établissement, les assemblées du Budget Participatif sont ouvertes à tous (pas seulement aux élèves mais aussi aux parents, aux enseignants et aussi aux personnels techniques et ouvriers d'entretien des lycées) ;
- nous l'avons aussi étendu à toutes les filières d'enseignement (général et professionnel) donc tous les types de formation, toutes les catégories socio-professionnelles et toutes les zones d’habitation (le rural profond comme l’urbain et le péri-urbain)
Nous avons bâti une méthode, librement inspirée de votre démarche et destinée à garantir la qualité des délibérations. Elle alterne les petits groupes (propices à l'expression de ceux qui n'ont pas l'habitude de prendre la parole) et les séances plénières (moments de mutualisation des préoccupations et des projets, d'échange d'arguments pour construire un intérêt général).
J'ai participé à plusieurs de ces réunions de mutualisation lors d’assemblées du budget participatif des lycées.
Nous avons mobilisé les services techniques de la Région pour que, tout au long du processus, nous puissions expertiser la faisabilité technique des projets, les chiffrer, rendre des comptes sur leur réalisation, informer les participants sans influer sur leur décision, bref instaurer un vrai débat public et sortir du secret.
Cette démarche qui permet d'utiliser de façon optimale l'argent public est formalisée par un vote, un vrai vote avec des urnes, sur les différents projets proposés. Chaque participant (lycéen, parent d'élèves, enseignant, personnel technique) dispose de 10 bulletins qu'il peut utiliser à son gré.
La Région s'engage à financer les trois premiers projets classés en tête dans chaque établissement, qu'il s'agisse d'aménagements à réaliser, d'équipements à acquérir ou de projets concernant la vie lycéenne, culturelle en particulier.
Plus d'un millier de projets ont ainsi été financés en quatre ans.
Ce qui est intéressant, c'est de voir que la participation des élèves augmente régulièrement : nous en sommes, pour l'année qui vient de s'écouler, à plus de 15.000 participants dont 13.500 lycéens sur une population de 50.000 élèves.
Vous voyez que l'appétit participatif vient... en participant et surtout au vu des résultats concrets, d'où l'importance d'une réalisation rapide des travaux, sujet que vous connaissez bien.
Chaque année, nous confions à des chercheurs une évaluation indépendante de ce dispositif : ils nous ont indiqué que le taux de participation se situe dans la fourchette la plus haute des budgets participatifs européens.
Nous demandons également aux participants de nous faire part de leur évaluation car nous sommes conscients qu'il faut sans cesse analyser, ajuster, corriger, pour éviter la routine qui guette toute forme d'institutionnalisation, même la participative.
Les Jurys Citoyens et Atelier Participatifs d'évaluation des politiques régionales
Ensuite, nous avons mis en place des jurys citoyens et des ateliers participatifs pour évaluer les politiques régionales, avec un tirage au sort, comme j’en avais pris l’engagement devant les électeurs (les jurys durent quatre jours et les ateliers une journée).
Tous sont tirés au sort. Nous leur demandons un Avis motivé sur l'efficacité des politiques publiques que nous conduisons, par exemple sur nos actions de lutte contre le changement climatique ou sur les aides à la création d'activité, que nous appelons les Bourses Tremplin « Désir d'entreprendre ».
Là aussi, nous avons mis en place des règles du jeu claires (parce que je ne voulais pas que cela soit « bidon » si vous me permettez cette expression) et une méthode précise qui tiraient les leçons des expériences de jurys de citoyens berlinois, espagnols ou nord-américains. Nous avons ménagé des temps d'appropriation de l'information par des citoyens ordinaires, « profanes », précisé les conditions d'audition des experts et des services régionaux, d'élus de la majorité et de l'opposition. Nous avons prévu des temps d'échange à huis clos et d'élaboration collective des propositions.
La Région s'est interdit de prendre part à ces délibérations collectives pour que la parole y soit totalement libre et que la réflexion soit à l'abri de toute influence.
Notre particularité, par rapport aux expériences européennes, est de faire intervenir ces jurys dans l'évaluation de l'efficacité de nos politiques régionales, pour rectifier un certain nombre d'actions publiques. C'est ce que j'appelle l'expertise citoyenne et l'intelligence collective. Elles ne se substituent pas à l'expertise technique : elles la complètent. Elles n'amoindrissent pas la responsabilité politique : elles la renforcent.
La Région s'engage à répondre publiquement, lors de son assemblée régionale, et point par point aux observations et aux préconisations de ces Jurys citoyens. Nous indiquons précisément les remarques et les propositions que nous acceptons ainsi que les conséquences opérationnelles que nous en tirons. Nous indiquons également celles que nous ne retenons pas mais en donnant les raisons pour lesquelles nous ne suivrons pas, le cas échéant, telle ou telle recommandation.
Alors pourquoi ce tirage au sort ? Parce que souvent, en France, les réunions de quartier n'ont rien de participatif, au sens où ce sont toujours les mêmes gens qui viennent aux réunions : les gens les plus motivés, les plus informés, les plus militants. Ce qui est important dans le tirage au sort, c’est qu’il permet une représentation plus diversifiée des citoyens : pas seulement les plus diplômés, les plus habitués à prendre la parole, ceux qui connaissent déjà les institutions, traditionnellement sur-représentés, mais aussi tous les autres qui sont d’ordinaire sous-représentés.
Notre Budget Participatif des Lycées échappe à ce « biais sociologique » car il fédère tous les milieux sociaux et tous les territoires..
Les tirages au sort permettent à nos jurys citoyens d'être pleinement représentatifs de la diversité sociale, territoriale et générationnelle de la population du Poitou-Charentes. S'y sont en effet retrouvés côté à côté des actifs et des chômeurs, des retraités et de jeunes mères au foyer, des ouvriers, des cadres et des artisans, des travailleurs indépendants, des salariés du secteur public et du secteur privé, de toutes origines, urbains et ruraux.
L'un d'eux, ouvrier de nuit dans une usine de produits surgelés, nous a dit après coup qu’il avait craint de « n'être pas à la hauteur » et quelle avait été sa joie d'avoir pu, au bout du compte, échanger à égalité avec d'autres, en se sentant, selon ses propres termes, « un citoyen vraiment à part entière ».
Nous ne connaissons pas l’opinion politique des membres de ces jurys : on retrouve des gens de droite, des gens de gauche, des gens qui étaient dans l'opposition, des gens qui n'ont pas voté pour moi. Tous nous ont dit leur surprise d'avoir été tirés au sort et d'être respectés en tant que citoyens, experts de ce qui les concerne.
Au début, il y a eu beaucoup de réticences. J'avais même repéré, dans un certain nombre de lycées, des chefs d'établissements qui fixaient la réunion participative après le départ du car de ramassage scolaire : évidemment, il n'y avait pas beaucoup de monde dans ces réunions-là… Petit à petit, ces résistances ont été levées. Nous avons eu aussi des protestations d'un certain nombre d'élus ou de membres du Conseil Economique et Social régional (qui sont des représentants des corps intermédiaires dans nos institutions) qui opposaient la démocratie représentative à la démocratie participative, alors que j'ai toujours défendu leur complémentarité et surtout le fait que la démocratie participative aide les élus à mieux exercer leur mandat.
Alors, cela a été une petite révolution culturelle que ce Budget Participatif !
Il a parfois déstabilisé dans un premier temps, parfois fait peur à l'autorité institutionnalisée dans les établissements scolaires. J'ai même eu au départ certains chefs d'établissement qui me disaient : « Nous, on sait parfaitement ce dont les lycéens ont besoin et on n'apprendra rien par le Budget Participatif ». Mais à l'issue du débat et du choix des élèves, des choix souvent très judicieux, les chefs d'établissement eux-mêmes ont découvert des problèmes qui existaient dans leur établissement scolaire, qu'ils ignoraient et que le Budget Participatif a mis en lumière, notamment sur des aspects de la vie lycéenne, des questions de dignité des jeunes (comme dans les internats) et leur soif de développement culturel, ce qui nous a conduits à mettre en place des politiques régionales directement issues des réflexions des jeunes lors des Budgets Participatifs. Par exemple, c'est grâce aux Budgets Participatifs et aux débats déployés dans les lycées que je me suis rendu compte de la carence de l’offre culturelle à destination des lycéens, de leur soif d'accès à la culture, notamment en milieu rural, dans les endroits où la culture est plus difficilement accessible. Cela nous a conduits à créer un nouveau métier en Région : le métier d'animateur culturel dans les lycées ; ce sont des emplois spécialement intégrés dans les lycées pour permettre à tous les jeunes d'accéder au théâtre, au cinéma, à la photographie, aux arts plastiques ainsi qu'aux sorties musicales et culturelles. Désormais, ces projets culturels dans les lycées sont une véritable institution régionale.
Autrement dit : le Sud inspirant cette fois-ci le Nord dans un contexte de mondialisation dont la face la plus heureuse est cette intense circulation des idées, cette mise en réseaux des expériences des uns et des autres.
Il en résulte toutes sortes d'hybridations des meilleures pratiques parmi celles qui s'efforcent de « démocratiser la démocratie », de renforcer la justice sociale et d'améliorer l'efficacité des politiques publiques.
Car tel est bien l'enjeu de la démocratie participative.
Et bien des outils y concourent, en premier lieu ces Budgets Participatifs dont vous avez été les pionniers.
Je m'étais engagée, lors de ma campagne électorale pour conquérir la tête de cette Région en 2004, à mettre en place une véritable démocratie participative, c'est-à-dire vraiment et directement appliquée à l'action de la Région.
Bien sûr, nous mettons aussi en place des forums participatifs qui contribuent à l'élaboration de nos orientations dans tous nos secteurs d'intervention, mais nous avons surtout créé un Budget Participatif dans les lycées (qui correspondent chez nous à l'enseignement secondaire, aux grands adolescents, soit le quart du budget régional).
Je voulais un sujet majeur, un sujet concret, un sujet fédérateur, et pas une vague consultation aux règles floues et aux conséquences opérationnelles incertaines. C'est pourquoi nous avons décidé d'affecter chaque année à ce Budget Participatif 10 millions d'euros - c'est une somme considérable - avec deux idées-forces : « partager les décisions pour prendre les bonnes » et surtout faire en sorte qu'« un euro dépensé soit un euro utile ».
En France les jurys citoyens avaient soulevé un tollé pendant la campagne de l'élection présidentielle, parce que les gens qui ont du pouvoir ont peur de s'en faire prendre un peu. Il était donc important de démontrer par la preuve, dans la Région que je préside, que ces idées que j'avais développées pendant la campagne et auxquelles je crois profondément (c'est un levier de la démocratie), peuvent fonctionner et être un élément majeur de l'efficacité des politiques publiques.
Je crois aussi que la démocratie participative est le meilleur moyen de lutter contre le populisme.
On m’avait agressée sur le thème : « la populiste ! », « il faut une avant-garde éclairée pour montrer au peuple quel est son bonheur », etc. J'ai répondu : « Non ! l'expertise citoyenne a aussi sa place car elle complète l'expertise technique et enrichit le savoir-faire politique, comme nous le démontrons dans la Région Poitou-Charentes."
Parallèlement, il faut aussi un développement de la démocratie sociale, qui rééquilibre le rapport de force entre le capital et le travail. Avant de venir vous parler, j'étais en réunion de crise avec des représentants du patronat et des syndicats.
Les syndicats ont fait observer qu'ils étaient totalement écartés des structures d'attribution des fonds publics aux entreprises. Les banques et les entreprises se retrouvent entre elles. Eh bien ici, dans la Région que je préside, les représentants des ouvriers et des salariés sont membres de ces structures d'attribution des fonds publics car ce sont des contribuables comme les autres, ils sont aux avant-postes de ce qui se passe dans les entreprises, et il n'y a aucune raison de leur fermer la porte des commissions d'attribution des aides publiques.
IDEAL-EU : la 1ère assemblée participative électronique européenne
Je souhaite également vous dire quelques mots de la la 1ère assemblée participative électronique européenne que nous avons organisée, avec les Régions amies et partenaire de Toscane et de Catalogne, car j'ai découvert avec beaucoup d'intérêt votre expérience de « Budget Participatif digital ». Je crois, comme vous, que nous devons tirer parti des technologies de communication et d'Internet pour enrichir ce clavier forcément évolutif de la démocratie participative. Il ne s'agit pas de faire de ces outils des objectifs en soi mais de tirer parti des technologies de la communication et d'Internet pour impliquer davantage les jeunes, qui sont familiers du Web, et toutes les générations. Nous venons d’ailleurs de mener, dans la Région, une grande action de démocratisation de l'accès à Internet, en créant des pôles d'accès gratuit. Je viens d'en inaugurer un dans un collège en milieu rural, où les personnes du troisième âge - et même du quatrième âge – sont accueillies dans l'établissement et sont formées par des collégiens à utiliser Internet, avec un site librement ouvert sur le village. Il va bientôt y avoir des bus itinérants qui vont aller au fin fond des campagnes, équipés d’outils Internet utilisables par toutes les collectivités qui le souhaitent, pour des décisions et des débats de toute nature.
Trois convictions
Pour terminer, permettez-moi de vous faire part de trois observations qui sont, pour moi, des convictions profondes.
5100 debats participatifs en France
Vidéo envoyée par segolene-royal
Tout d'abord, la démocratie participative est exigeante. On ne peut pas mettre cette étiquette sur tout et n'importe quoi. Quand j'entends n'importe quelle réunion de quartier être qualifiée de démocratie participative, je dis non. Il est très important d'avoir une exigence de qualité du débat, de respecter son authenticité et sa diversité. Parce que sinon, c'est très dangereux. Il y a un effet boomerang : les gens ne viendront plus si on se moque d'eux et si on les convoque pour « faire joli » dans le décor d’une « démocratie participative » qui n’en est pas. Je ne veux pas de cela. Les gens ne viennent pas « participer pour participer ». Il faut une organisation suffisamment rigoureuse pour qu’ils puissent effectivement peser sur les décisions et sur les choix budgétaires.
Deuxièmement, je crois à la nécessité de la démocratie participative pour réussir des réformes justes. Je ne crois pas aux réformes, même bien intentionnées, qui s'abattent sur les citoyens après un simulacre de concertation. Et je crois encore moins à cette manière solitaire, autoritaire, verticale, d'exercer le pouvoir dont, en France, le gouvernement en place use et abuse en privilégiant toujours plus ses riches amis et ses clientèles les plus aisées. Un exemple : la France a renfloué les banques mais les entreprises que je viens de rencontrer me disent que les banques ne font toujours pas leur travail de proximité, rapide et direct, pour aider celles qui sont en difficulté. C'est anormal. Les amis du pouvoir se sont servis entre eux et finalement, sur le terrain, on se rend compte que toutes ces annonces ne se traduisent pas par des aides directes aux entreprises, contrairement à ce qui avait été promis.
Pourquoi ? Parce que, pour des raisons d’idéologie ultra-libérale, l'actuel gouvernement de droite a refusé d'entrer dans le capital des banques pour contrôler ce qu'elles faisaient. Mais les citoyens et les contribuables, eux, si on leur avait demandé leur avis, auraient exigé que ces sommes versées s’accompagnent de contreparties et de contrôles.
Je crois enfin que la démocratie participative ne se limite pas à une « technique de management » : c'est d'abord et avant tout un choix politique. C'est le choix de rendre, comme le dit un philosophe de chez nous, « toute sa puissance de scandale » au beau mot de démocratie. C'est le choix de garantir le droit égal de « ceux qui n'ont pas de titre à gouverner » à s'occuper des affaires communes. Contre le monopole des élites auto-proclamées de la naissance, de la richesse ou du savoir, je crois que la démocratie affirme la compétence légitime des citoyens ordinaires. En ce sens, elle est à la fois une voie d'avenir et un retour aux sources avec les moyens et dans les conditions d'aujourd'hui.
Une utopie réaliste pour que la politique reprenne ses droits
Car jamais le monde n'en a eu autant besoin qu'à l'heure où se propage l'angoissante contagion d'une crise à la fois financière, économique, sociale, écologique, morale et politique. Une crise globale, qui prend sa source dans la marchandisation vorace de toutes les dimensions de l'existence, aggravée par la concurrence de tous contre tous et par une spéculation sans foi ni loi. Une crise aussi qui traduit l'échec planétaire des intégristes du marché et des oligarchies arrogantes, qui prétendaient mieux savoir que les peuples ce qui était bon pour eux et tout décider entre elles, à l'abri des regards indiscrets.
Et même pire : ils savaient parfaitement que le système allait dans le mur mais ils ont eu la possibilité de continuer à nuire car la loi du silence l’a emporté. Alors qu'à la base, tous les petits épargnants et les petits propriétaires américains, toutes les victimes des subprimes savaient parfaitement ce qui était en train de se passer. Les banquiers aussi savaient, les agences de notation savaient mais ils ont laissé faire. S'il y avait eu une démocratie plus participative, permettant aux petits épargnants, par exemple, de siéger eu aussi dans les conseils d'administration des banques dont ils sont les clients et les principales sources de profits, alors des décisions beaucoup plus précoces et beaucoup moins dramatiques auraient pu être prises à temps.
Aujourrd’hui, une page se tourne.
Ce n'est pas seulement la page des modèles économiques ultralibéraux, c'est aussi la page du secret, de l'opacité, de l'omerta, du mensonge au détriment du plus grand nombre et des choix confisqués par quelques uns.
C'est pourquoi la responsabilité historique de la gauche n'est pas seulement d'inventer et de mettre en oeuvre un nouveau modèle de croissance porteur d'emplois d'avenir, socialement juste et écologiquement responsable.
C'est aussi, pour y parvenir, de rompre avec ce monopole élitaire de l'expertise et de la décision qui nous a menés dans le mur. Car on se rend compte que les compétents ne l'étaient pas. Ils auraient pu l'être, ces hyper-diplômés, si une pression populaire leur avait dit que nous n'étions pas d'accord sur leur façon de faire.
Contrairement à leurs promesses fallacieuses, jamais l'extravagante richesse d'une petite minorité n'a « ruisselé » sur tous les autres. Et nous n'en avons pas fini avec le risque qu'ils recommencent à la prochaine occasion car je pense que leur capacité à se maintenir est très puissante.
Il est donc urgent d’ouvrir un nouveau cycle historique où la politique doit reprendre ses droits et les peuples du monde leurs affaires en mains.
C'est pourquoi, à l'échelle locale, nationale et même internationale, il n'y aura dans l'avenir de démocratie forte que s'appuyant sur la vigilance, la mobilisation et la participation accrue des citoyens.
Je n'ignore pas qu'il reste bien du chemin à parcourir, des démarches participatives qui sont aujourd’hui les nôtres jusqu’à ce « bel horizon » d’une implication citoyenne à grande échelle.
Du quartier au vaste monde, la projection peut paraître utopique, mais c'est une utopie réalisable. J'ai la conviction que cette démocrate participative que nous nous efforçons de faire vivre dans nos villes et dans nos régions préfigure d'autres possibles, bien nécessaires pour lutter contre les désordres globalisés qui frappent, sans exception, nos sociétés.
Voilà ce que je voulais vous dire, en remerciant encore le Brésil d'avoir donné cette inspiration au monde. Modestement, à la tête de ma Région, j'espère que ce que nous tâchons de réussir essaimera aussi plus largement.
Je voulais vous dire aussi ma joie d'être parmi vous, grâce à ces moyens de communication qui nous relient.
Vous êtes tous invités dans la Région Poitou-Charentes : donnez-moi votre date, elle sera la mienne, avant que je puisse à mon tour venir vers vous !
Recevez toutes mes amitiés, mes amitiés profondes, au nom des liens qui nous unissent : liens intellectuels, liens d'amitié, liens de fraternité. Je me sens très proche de vous. Grâce à vous, j'ai réussi à bousculer les habitudes et à faire en sorte que ceux qui ricanaient au départ de cette démocratie participative qui me tient à coeur se sentent aujourd'hui gagnés par le respect et peut-être même davantage...par l'envie d'imiter !
Merci à vous et à très bientôt !"
17 décembre 2008
AUDIOVISUEL : ROYAL CRITIQUE SARKOZY (Le Figaro)
Le Figaro, 17 décembre 2008
"Il n'est jamais bon de déstabiliser le service public, et surtout le service public de l'audiovisuel qui a déjà fort à faire avec la concurrence de nouveaux médias Internet en particulier", a déclaré ce matin Ségolène Royal. "Il y a un grand malaise dans ce grand service public", a-t-elle affirmé sur RMC, espérant néanmoins que "les rédactions ont une capacité de réaction et d'indépendance qui peut-être va justement s'organiser et monter pour résister à cette volonté de mainmise sur les médias".
[...]"
SEGOLENE ROYAL SUR RMC : LE TRAVAIL LE DIMANCHE? UNE MAUVAISE CONCEPTION DU VIVRE-ENSEMBLE
Segolène Royal, invitée de J.J. Bourdin le 17.12.2008
Vidéo envoyée par segolene-royal
14 décembre 2008
LES 50% DE MILITANTS AYANT VOTE POUR SEGOLENE ROYAL NE SONT PAS REPRESENTES PAR MARTINE AUBRY (Radio Orient)
Najat Vallaud Belkacem invitée de Pluriel sur Radio Orient
Vidéo envoyée par radioorient
LOUIS MERMAZ ET La Télé Libre RACONTENT LE CONSEIL NATIONAL DU PS DU 6 DECEMBRE ET L'EXCLUSION DE LA MOITIE SEGOLENISTE DU PS
Louis Mermaz explique le Conseil national du 6 décembre 2008
Vidéo envoyée par segolene-royal
PS: MINORITÉ MAJORITAIRE?
Vidéo envoyée par latelelibre
13 décembre 2008
REBSAMEN DEMANDE A MARTINE AUBRY DE SE RESSAISIR SUR RADIO CLASSIQUE
François Rebsamen sur Radio Classique
Vidéo envoyée par radioclassique
11 décembre 2008
LE MENSONGE DE MARTINE AUBRY, ELLE DIT REPRESENTER 70% DES MILITANTS ET OUBLIE LES 50% DE SEGOLENE ROYAL
Martine Aubry oublie de 30 a 50% du Parti socialiste
Vidéo envoyée par dagrouik
FRANCOIS REBSAMEN A AUBRY : "MARTINE RESSAISIS-TOI, IL FAUT RASSEMBLER!" (AFP)
AFP, 11 décembre 2008
""Martine ressaisis-toi, il faut rassembler!", a lancé mercredi François Rebsamen, ex-numéro 2 du parti, à la nouvelle première secrétaire du PS, en ajoutant que les soutiens de Ségolène Royal, dont il fait partie, étaient "disponibles".
Alors que le Parti socialiste est "coupé en deux, avec 50% ou un peu plus d'un côté, et 50% de l'autre", il est de "la responsabilité première de celle qui (le) dirige de rassembler les deux parties", a déclaré M. Rebsamen sur Radio Classique.
"On est disponible, on a cette volonté de participer, d'apporter notre réflexion, et on le fera", mais pour cela "il faut être deux", a ajouté le sénateur-maire de Dijon, en reprochant à Mme Aubry d'avoir, "sur une armée mexicaine de près de 40 secrétaires nationaux", proposé seulement "trois postes" aux partisans de Ségolène Royal.
"Martine ressaisis-toi, il faut rassembler!", a-t-il lancé.
Concernant les prochaines élections européennes, il a revendiqué au moins 30% des investitures du parti pour les royalistes, conformément au score obtenu par leur motion au congrès de Reims.
Il s'agit d'appliquer les règles en vigueur au PS, celles de "la proportionnelle de la représentation", a-t-il expliqué.
"Est-ce que la proportionnelle ce sera 50% des postes (conformément aux 2e tour du vote des militants pour élire le premier secrétaire)? Je ne le crois pas, je commence à voir comment les choses se font. Mais on a eu 30% au vote des motions, donc on aura 30% et on fera la campagne avec les autres, ça il n'y a pas de doute"."
10 décembre 2008
PETITION RASSEMBLONS LE PS, PETITION POUR L'UNITE DU PARTI SOCIALISTE
Après le refus de Martine Aubry de prendre en compte la moitié des militants socialistes ayant voté pour Ségolène Royal, après son rejet des offres de service des soutiens de l'ex-candidate à la présidentielle, après les propos méprisants du nouveau porte-parole du PS à l'égard de ces milliers de militants (The game is over), le Parti socialiste est divisé par la faute de ses anciens et nouveaux dirigeants.
Vous pouvez face à cette situation extrêmement grave face au sarkozysme signer la pétition:
Rassemblons le Parti socialiste
Pétition pour l'unité du Parti socialiste:
http://rassemblonsleps.googlepages.com/
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