29 mars 2009

SEGOLENE ROYAL S'ERIGE EN LEADER DE PARTI (haly-jade, Blogs jdd)

Blogs jdd.fr, poli-tic, haly-jade, 29 mars 2009

"Le jour où Ségolène Royal se réveillera, le Parti Socialiste tremblera. Martine Aubry a résolument du souci à se faire face à une présidente de la région Poitou-Charentes coriace: samedi 28 mars, la fondatrice de Désirs d'avenir a attiré "sous ses griffes" pas moins de 800 fidèles au théâtre Dejazet (à guichet fermé), dans le cadre de l'Assemblée générale de l'association, qui tombe à point nommé, une semaine jour pour jour après "Le printemps des libertés" organisé par la première secrétaire du PS, au Zénith de Paris, qui fut quelque peu un fiasco.

Chose promise chose due. Ségolène Royal a mis en pratique, hier au théâtre Dejazet, devant 800 inconditionnels, sa volonté de faire "monter en puissance l'organisation, la créativité, l'action et la réflexion avec Désirs d'avenir", comme l'avait-elle assuré via une intervention vidéo, publiée dimanche 21 décembre 2008, sur le site de l'association qu'elle a fondée et qu'elle co-préside avec l'avocat Jean-Pierre Mignard.

Pour l'occasion, la présidente de la région Poitou-Charentes a recyclé ses maîtres mots de prédilection: se "faire respecter" au sein du PS, "université populaire", "fraternité"-remis au goût du jour par Régis Debray, auteur de l'essai "Fraternité" et ancien conseiller de François Mitterand-, et "un mouvement ouvert" d'une part, et de l'autre on a eu droit à Désirs d'avenir ce n'est "pas un courant, encore moins un sous-courant", "pas de compétition entre nous! C'est la même maison" bien qu'étant un "espace de réflexion et d'éducation populaire", a-t-elle clarifié les choses.

Royal marche sur les plattes-bandes d'Aubry?

Une même maison certes, mais oeil pour oeil dent pour dent: sept jours à peine après la journée des "libertés publiques" en demi-teinte, l'oeuvre de Martine Aubry, voilà que la candidate non-déclarée à l'investiture socialiste aux élections présidentielles de 2012 démontre sa force de frappe, parvenant à réunir à elle seule, presque autant de "fans" (800) que ceux qui se sont rangés derrière la direction du PS (1000), le 21 mars au Zénith de Paris, lors de la journée des "libertés publiques" baptisée "Printemps des libertés". C'est ce qu'on appelle un pied de nez, en tout bien et tout honneur par contre, s'est bornée à se défendre la chantre de Désirs d'avenir, une association qui compte d'ores et déjà 9.000 adhérents.

Devant un théâtre Dejazet comble, confortée par le soutien de ses lieutenants présents (Jean-Louis Bianco, Dominique Bertinotti, Régis Debray, etc.), la présidente de la région Poitou-Charentes a pris sur le terrain toute place qui lui revient au Parti Socialiste, une "maison commune" que Martine Aubry se refuse de lui ouvrir les portes, à elle et à sa garde rapprochée. En clair, c'est pour affirmer à corps et à cri d'orfraie que "nous avions été laissés derrière la porte mais nous sommes chez nous (au PS, ndlr)", que l'ex-candidate déchue à l'élection présidentielle de 2007 a regonflé les batteries de ses "chers amis" venus en "grand nombre" et les a sommés de se tracer habillement un sillon au sein de la cour royale de la maire de Lille: "soyez ouverts, soyez exemplaires, faites-vous respecter et vos idées sans état d'âme mais sans vous perdre dans les jeux d'appareil stériles".

Royal "met le doigt dans le pot de confiture"

Revanant sur le "contexte social extrêmement tendu", Madame Royal a cloué au pilori "les délinquants très riches, ces oiseaux de proie" pouvant "compter sur la molesse d'un pouvoir complice qui se la joue ferme dans ses discours mais tellement sans courage dans les actes". Pour faire simple, la fondatrice de Désirs d'avenir touche ici à la corde sensible de la réforme du juge d'instruction, dorénavant juge de l'instruction, donc mis au placard et relégué à l'arrière cour. Les voix s'élèvent, à juste titre, pour railler une réforme dite de l'architecture du système pénal offrant une haie d'honneur au parquet (sous la tutelle du ministère de la justice, place Vendôme), accusé par ailleurs de fermer les yeux sur les magouilles économico-politico-financières (Clearstream, Affaire Elf, etc.), au détriment du désormais juge de l'instruction qui n'aurait plus compétences à piloter en amont, en filigrane et en aval une enquête, comprenez à fourer son nez dans les secrets défense susceptibles de mouiller, si je puis dire, les hauts dignitaires de l'Etat.

Selon la présidente de la région Poitou-Charentes "tout un pays (est) tendu vers une soif de justice sociale, révulsé par des comportements prédateurs, une sorte de délinquance des plus riches" alors que "la fraternité devrait être un principe de tout gourvernement". Une fois n'est pas coutume, l'ex-compagne de François Hollande parle vrai, faisant écho à la cupidité et aux dérives du monde financier qui, se croyant tout permis, s'en met plein les poches au "mieux" sur le dos des salariés, et au pire sur le dos des contribuables. D'une, "il est grand temps que la Société générale rime avec intérêt général". De deux, AIG Assurance et sa mégalomanie sans foi ni loi. De trois, la fusion Banques Populaires-Caisse d'Epargne.

Bémol. La Ségolène éclairée a toutefois trébuché, en montant en épingle Elie Domota, leader guadeloupéen -"Sans lui, ce mouvement social aurait pu basculer dans le sang"-, et ce en omettant expressement de s'arrêter sur la phrase tache d'huile mais et surtout tendancieuse de ce dernier: "nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l'esclavage. Soit ils (les chefs d'entreprises européens, ndlr) appliqueront l'accord, soit ils quitteront la Guadeloupe". Une tournure qui est du même acabit que celle employée par Nicolas Sarkzoy lors de la campagne présidentielle de 2007: "je n'accepte pas qu'on veuille habiter en France sans respecter et sans aimer la France". Si un béké n'est pas chez lui en Guadeloupe, un moika n'est pas non plus chez lui sur le continent, non?

Aubry n'a qu'à bien se tenir. Sous couverte du slogan "pas de compétition entre nous! C'est la même maison", scandé à tour de voix par Ségolène et Jean-Pierre Mignard, et de ce pretexte faisant de Désirs d'avanir un "espace de réflexion et d'éducation populaire, catalyseur d'idées, et vecteur de la démocratie (participative, ndlr) qui s'enracine dans l'histoire de la gauche (caviar?), sans tabou", Ségolène Royal a anticipé les éventuelles attaques en provenance de ses pairs de Solferino, et a au passage fixé l'agenda de sa guerre sainte "une université populaire" sur la fraternité, est prévue pour le 29 avril, et un "Forum social" de la fraternité à Montpellier aura lieu fin septembre."

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