18 février 2009
QUAND AUBRY QUALIFIE ROYAL "D'EX-PRESIDENTE" DE LA REPUBLIQUE (Le Nouvel Observateur)
NouvelObs.com, 18 février 2009
"Interviewée mercredi 18 février sur France Inter, la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a qualifié Ségolène Royal "d'ancienne présidente de la République"."
05 janvier 2009
PS : BENOIT HAMON APPROUVE LA TOURNEE DE NICOLAS SARKOZY AU PROCHE-ORIENT (AFP)
AFP, le 5 janvier 2009
"Si le chef de l'Etat "parvient à obtenir un cessez-le-feu nous le saluerons", a-t-il ajouté."
BENOIT HAMON APRES AVOIR TRAITE D'ENRAGES LES "PARTISANS" DE SEGOLENE ROYAL PRESENTE SES EXCUSES (RTL)
Hamon : le mea culpa !
Vidéo envoyée par larnaut
"Le porte-parole de notre "maison commune", (les méchants disent du PS à
Titine...) s'est excusé par mail auprès d'un camarade de ses propos
intempestifs tenus dans le mensuel Breton contre les signataires de la
motion E de Ségolène Royal qui envahissent le web: « Leur rage se
focalise contre nous. Ils ont dans le sang ce poison de la division,
dans des proportions que l'on a jamais connues auparavant. »
Sans
doute n'en avait-il pas mesuré toute la portée alors qu'on était en
trève de Noël) dans un mail publié par Paris d'avenir (le blog des
sous-socialistes de la capitale, je traduis en strauss-kahnien pour que
Cambadelis comprenne):
Extrait d'un courriel que B. Hamon a envoyé à un camarade:
"L'honnêté
exige de te dire que ces propos je les ai bien tenus. Dans quel
contexte ? celui d'un entretien réalisé en 2 fois les 4 et 12 décembre
entre deux portes au coeur de la tourmente socialiste d'alors. Comme
l'usage le veut, j'aurais du relire cette itw. Je ne l'ai pas fait. Je
l'avais même oubliée. Elle réappparait à point (mal) nommé pour
relancer une polémique que je regrette. La leçon est apprise.
B.H"
dont acte !
11 décembre 2008
LE MENSONGE DE MARTINE AUBRY, ELLE DIT REPRESENTER 70% DES MILITANTS ET OUBLIE LES 50% DE SEGOLENE ROYAL
Martine Aubry oublie de 30 a 50% du Parti socialiste
Vidéo envoyée par dagrouik
08 décembre 2008
"AUBRY TENTE DE FEDERER LE PS CONTRE ROYAL" PAR VINCENT TIBERJ (NouvelObs.com)
NouvelObs.com, 8 décembre 2008
"Pourquoi Martine Aubry n'a-t-elle pas intégré de membre de l'équipe de Ségolène Royal à des postes importants au sein de la nouvelle direction du Parti socialiste [la nouvelle première secrétaire assure avoir proposé plusieurs secrétariats nationaux à des proches de Royal, ndlr] ? Pourquoi n'y a-t-il toujours pas de conciliation possible entre les deux camps ?
- Derrière le fait que Martine Aubry n'intègre pas Ségolène Royal ou ses proches dans l'équipe dirigeante du PS se cache une querelle de légitimité et une divergence d'opinion profonde sur la conception du parti.
La nouvelle première secrétaire a probablement davantage joué sur l'équilibre des motions plutôt que sur celui du second tour de l'élection au poste de premier secrétaire pour composer son équipe. Et le fait qu'il y ait eu deux types de scrutin rend les choses ambigües car on obtient deux résultats très différents qui donnent lieu à des interprétations forcément divergentes selon le camp où l'on se place.
Si on prend le vote sur les motions, Royal représente 30% du parti et le reste représente 70%. En revanche, lorsqu'on passe à un scrutin de personnes, comme cela a été le cas pour la désignation de la première secrétaire, Ségolène Royal et Martine Aubry arrivent, peu ou prou, au même niveau.
Martine Aubry dispose donc d'une légitimité légale mais, si on regarde les résultats non plus d'un point de vue majoritaire mais d'un point de vue proportionnel, Ségolène Royal est quasiment aussi légitime qu'elle.
Pour s'imposer face au camp d'en face, il y a donc, nécessairement, une volonté de chacun de faire porter la responsabilité de l'échec des négociations sur l'autre pour le discréditer. Martine Aubry affirme qu'elle a proposé des postes à Ségolène Royal et des membres de sa motion et ces derniers affirment que les quelques postes qui leur ont été proposés sont ridicules. Le but du jeu est toujours le même : faire passer l'autre pour le diviseur.
N'y a-t-il pas là une erreur stratégique de la part de la nouvelle première secrétaire ? Ne risque-t-elle pas de s'aliéner définitivement les partisans de Royal, qui représentent 50% du parti, et d'écorner encore davantage l'image du parti ?
- Martine Aubry a rassemblé pour composer son équipe, que ce soit avec les motions de Benoît Hamon ou de Bertrand Delanoë, mais elle a rassemblé de façon sélective, en écartant les proches de la motion Royal. Elle joue sur le rassemblement des textes du premier scrutin proportionnel en essayant de fédérer le parti contre Ségolène Royal.
Il faut également bien comprendre qu'au-delà des querelles de personnes, ce choix rentre aussi dans une certaine logique stratégique. A savoir une vision radicalement différente de la conception du parti et du modèle d'opposition que le Parti socialiste entend créer face à l'UMP.
Le problème pour Martine Aubry, c'est que, désormais, Ségolène Royal risque de jouer sa petite musique en profitant de son exposition médiatique pour empiéter sur les plates-bandes de la nouvelle direction et se poser en alternative crédible.
La course pour la présidentielle de 2012 semble donc déjà lancée. Le Parti socialiste ne se trompe-t-il pas d'objectif à quelques mois des élections européennes (début juin 2009) ?
- Après un congrès aussi diviseur que celui auquel nous venons d'assister, je crois qu'il faut laisser un peu de temps pour que les choses se calment. Il y a d'autres enjeux que la direction du parti et la prochaine présidentielle. La nouvelle direction sera contrainte d'y venir. Autrement, si la course pour 2012 continue, il y aura un coup de semonce aux européennes avec le risque pour le PS de voir une forte poussée du NPA et du MoDem.
Le grand danger pour Martine Aubry, c'est qu'elle risque de se retrouver dans la même situation que Michel Rocard en 1994. Il avait enfin réussi à prendre le parti, mais aux européennes le PS avait enregistré des résultats historiquement bas.
L'objectif pour la nouvelle première secrétaire, c'est de faire exister le Parti socialiste jusqu'en juin prochain afin d'obtenir des résultats corrects pour acquérir une légitimité de présidentielle dont jouit déjà Ségolène Royal.
L'avenir nous dira si c'est la bonne stratégie mais une chose est certaine : le PS a besoin de sortir de cet enfermement autour de la guerre des chefs.
Si le PS veut s'opposer efficacement à la majorité lors des prochaines élections, il doit impérativement faire disparaître ce bruit de fond incessant. D'un côté comme de l'autre, il faut sortir de la critique permanente du camp d'en face, même si cela semble particulièrement compliqué.
Interview de Vincent Tiberj par Nicolas Buzdugan
(le lundi 8 décembre 2008)"
28 novembre 2008
L'EFFET BELPHEGOR, JACQUES JULLIARD SUR SEGOLENE ROYAL "YES SHE CAN !" (NouvelObs)
NouvelObs.com, 27 novembre 2008
"Fabius et Jospin, Aubry et Delanoë, Hollande et Strauss-Kahn, Rocard et Lang, Hamon et Montebourg, tous unis, tous réconciliés ! Une seule cible ! Qui donc disait que Ségolène Royal divisait le Parti socialiste ? Elle a réalisé ce miracle de leur faire oublier leurs querelles au profit d'un seul objectif : l'abattre.
A un détail près : c'est que le troupeau des éléphants, toutes tendances confondues, les rouges, les roses, les blancs, ne pèse plus désormais que la moitié du parti. La gagnante, ou plutôt celle qui s'est d'emblée proclamée telle, était assurée de 50% au premier tour grâce au désistement de Delanoë : elle n'en obtint que 35%; et de 69% au second, grâce à Hamon : elle n'en réunit que 50%. Le cartel des notables n'a fait que l'affaiblir. Ces figures réunies, loin de rassurer, ont suscité l'effroi. C'est l'effet Belphégor !
Feu sur le QG !
On a fait justement observer que Ségolène Royal est la contemporaine de ses concurrents; qu'elle a près de trente ans de vie politique derrière elle, même s'il n'y paraît pas. Seulement, les gens ne sont pas si bêtes. Ce qui compte à leurs yeux n'est pas l'ancienneté dans le parti mais l'ancienneté dans la tête. Comme tous les grands non conformistes, Ségolène a mis comme premier point à son programme : feu sur le quartier général ! Les gens se sont dit que quelqu'un qui déteste à ce point les éléphants - et qui est à ce point détesté par eux - ne pouvait être entièrement mauvais. Il est vrai qu'elle n'a pas la culture du parti, ne parle pas comme le parti, ne s'habille pas comme au parti : et si c'était là le secret de sa popularité ?
Qu'est-ce que les «néos» ?
On se condamnerait à ne rien comprendre à ce qui se passe actuellement au Parti socialiste si l'on voulait ramener ce grand remaniement à un face-à-face gauche/droite : ces guerres de position font désormais sourire les populations. On se rapprocherait davantage de la vérité en évoquant le combat des anciens et des modernes : parlementaristes contre présidentialistes. Mais au fait qui a le plus, après Mitterrand, présidentialisé le parti ? C'est Lionel Jospin qui, en 2001, a inversé les dates de la présidentielle et des législatives au profit de la première; c'est lui encore qui a fait décider la désignation du premier secrétaire du parti au suffrage universel des militants. C'est pourtant le même qui, à propos de Ségolène et de ses amis, a évoqué les «néos» de l'avant-guerre, qui ont si mal fini - entendez dans le nazisme. Rapprocher, fût-ce par sous-entendu, Ségolène Royal de Marcel Déat est indigne. Il a beau la détester, à la place de Lionel, j'enverrais des excuses et des fleurs à Ségolène.
L'hallali des éléphants
Un tel dérapage en dit long sur le degré d'exaspération des caciques. C'est pourquoi le vrai critère pour caractériser la situation actuelle n'est pas politique - l'affrontement gauche/droite - ni même temporel - les anciens contre les modernes -, mais anthropologique. Ce n'est pas à Marx ni même à René Rémond qu'il faut se référer, mais plutôt à René Girard et à sa théorie du sacrifice. Dans cette optique, l'immolation de la victime expiatoire - Ségolène Royal s'est déjà fait photographier avec un agneau dans les bras ! - vise à assurer la cohésion de la tribu et la régénération de ses membres. Il y a, dans l'hallali des éléphants, quelque chose des «Chasses du comte Zaroff», le célèbre film américain d'avant-guerre, où le gibier de la chasse à courre n'est pas un cerf mais un homme. Alors, à plus forte raison, une femme ! Dans ces conditions, de quel côté en définitive y a-t-il le plus d'irrationnel ?
Trop de magouille tue la magouille
Contrairement à la plupart des voix qui s'élèvent, je ne trouve pas que l'étalage public des malversations dues au système du caïdat, qui caractérise la vie interne du PS depuis plus d'un demi-siècle, soit déplorable. Au contraire. Seule une grande crise cathartique comme celle que nous vivons avait quelque chance de débarrasser le principal parti de la gauche des impostures et des mensonges. Cette égalité des suffrages, fruit d'un hasard malicieux, doit être regardée comme un signe du destin. Au sortir du congrès l'autre semaine, un observateur et acteur de la chose socialiste s'interrogeait à voix haute : «Et si Reims avait été notre dernier congrès socialiste ?»
Dans ces conditions, la tâche de Ségolène Royal n'est pas terminée, loin de là. On aura compris que je la considère, depuis le début, comme le fléau de la gauche démocratique, un fléau devenu nécessaire à son salut. Dans cette crise éprouvante où elle a servi de cible, elle a manifesté une résistance nerveuse incroyable. C'est peut-être la qualité primordiale du responsable politique. Yes, she can !"
Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur
21 novembre 2008
ARIANE MNOUCHKINE CONDAMNE LES PROPOS DE JOSPIN COMPARANT SEGOLENE ROYAL AUX COLLABOS DE VICHY
La metteuse en scène Ariane Mnouchkine, proche de Ségolène Royal, a dénoncé vendredi "l'ignominie" du sous-entendu de Lionel Jospin, qui a fait le parallèle entre le discours de la candidate au poste de Premier secrétaire du PS et les néo-socialistes des années 30.
"Dans le socialisme, les 'néos', ceux qui ont été contre le vieux et pour le neuf, n'ont pas toujours laissé de très bons souvenirs", a lâché jeudi soir l'ancien Premier ministre, partisan de Martine Aubry, en allant voter pour le premier tour de l'élection du Premier secrétaire du PS. Il était interrogé sur les critiques de Ségolène Royal contre le "vieux" PS.
Cette allusion aux néo-socialistes des années 30, dont certains derrière Marcel Déat optèrent pendant l'occupation pour la collaboration totale avec l'Allemagne nazie, était transparente.
"Voilà jusqu'où, prisonnier d'une hostilité devenue pathologique, Lionel Jospin pousse l'intoxication. Voilà jusqu'où Lionel Jospin est prêt à aller dans la falsification. Voilà jusqu'où il tente d'entraîner ceux qu'il influence encore", s'est exclamée Ariane Mnouchkine dans un communiqué transmis par le service de presse de Ségolène Royal.
La fondatrice du Théâtre du Soleil invite les socialistes à "répondre" à l'ancien Premier ministre. "Les citoyens attendent de vous une dignité dans le débat. Le combat d'idées oui, l'injure haineuse et mensongère, non", conclut Ariane Mnouchkine. AP
LIONEL JOSPIN A FAIT UN RAPPROCHEMENT ENTRE SEGOLENE ROYAL ET LES COLLABORATEURS NAZIS
Lionel Jospin a fait un rapprochement entre Ségolène Royal et un collaborateur nazi
Lionel Jospin a voté jeudi soir pour Martine Aubry lors de l'élection du Premier secrétaire du PS. L'ancien Premier ministre, qui n'avait pas participé le 6 novembre au vote sur les motions en raison d'un déplacement prévu de longue date en Estonie, s'est rendu à 18h45 au local PS du XVIIIe arrondissement, où votaient les trois sections de l'arrondissement.
"Personnellement j'aurais souhaité voter pour Bertrand Delanoë au premier secrétariat. Je pense qu'il était le mieux qualifié pour faire ce travail dans les deux ou trois ans qui viennent. Pour autant, ce soir, j'ai voté (...) pour Martine Aubry au plan national", a-t-il expliqué après avoir glissé son bulletin dans l'urne de sa section "La Chapelle-Goutte d'Or". Il a croisé dans le bureau de vote son ami Bertrand Delanoë, qui avait appelé lundi ses partisans à voter pour la maire de Lille.
"Au congrès s'est dessinée une majorité potentielle très large pour une orientation politique, même si elle n'a pas été malheureusement concrétisée. Je pense donc qu'il vaut mieux que le Premier secrétaire qui dirigera le parti dans les trois ans qui viennent soit à l'unisson de cette orientation qui a été dégagée par les militants", a poursuivi M. Jospin.
Au passage, l'ancien Premier ministre, dont les relations sont très mauvaises avec Ségolène Royal, a répliqué aux attaques de la candidate contre le "vieux parti". "Dans le socialisme, les 'néos', ceux qui ont été contre le vieux et pour le neuf, n'ont pas toujours laissé de très bons souvenirs", a-t-il lâché. Une allusion aux néo-socialistes des années 30, dont certains derrière Marcel Déat optèrent pendant l'occupation pour la collaboration totale avec l'Allemagne nazie. "Le sujet n'est pas vieux ou nouveau, le sujet c'est à mon avis plutôt une question d'authenticité", a conclu Lionel Jospin.
Le vote dans le XVIIIe arrondissement, fief de Bertrand Delanoë et de l'historique "bande du XVIIIe" (Lionel Jospin, Daniel Vaillant, Claude Estier, Bertrand Delanoë), a donné des résultats contrastés. La section du maire de Paris a donné un net avantage à Ségolène Royal, qui y a obtenu 53,3% des voix, devant Martine Aubry (27,8%) et Benoît Hamon (18,9%). Martine Aubry a en revanche remporté la majorité absolue dans la section de Lionel Jospin, avec 56,7% des voix, devant Ségolène Royal (32,47%) et Benoît Hamon (10,82%).
Beaucoup de militants confiaient après le vote avoir choisi Ségolène Royal. "Je préfère le parti de militants au parti d'apparatchiks", a expliqué Sylvain Lavaud, un ancien adhérent qui a acquitté ses arriérés de cotisation pour pouvoir voter. Danielle, une retraitée, a choisi Ségolène Royal après avoir voté pour la motion Delanoë le 6 novembre en raison de l'attitude "ignoble" du maire de Paris vis-à-vis de la candidate. "Vivement que le parti change", a lâché Philippe Ardoin, un adhérent à "20 euros" de 2006.
Certains électeurs de Martine Aubry paraissaient moins convaincus. "C'est le choix obligatoire", confiait Josiane, une retraitée "montée" spécialement du Var pour voter. "C'est quand même mieux qu'autre chose". Bertrand Delanoë, venu voter un quart d'heure avant Lionel Jospin, a reconnu "de la diversité". AP
19 novembre 2008
LES SOUTIENS DE MARTINE AUBRY
18 novembre 2008
Martine Aubry, la haine de Ségolène Royal chevillée au corps...
"L'enjeu du congrès de Reims selon Aubry
L'enjeu du congrès de Reims pour Martine Aubry : se venger de l'affront commis selon elle par Ségolène Royal en étant désignée par 60% des militants socialistes pour la conquête de l'Elysée.
On se souvient à l'époque de ses propos mysogines : "la présidentielle n'est pas une affaire de mensurations" ou encore "la candidature présidentielle n'est pas un concours de beauté"...
Pendant cette campagne, elle n'aura eu aucun mot de soutien à la candidate de toute la gauche, face à un Sarkozy disposant du renfort inconditionnel de toute l'UMP.
La mauvaise application de sa seconde loi des 35 heures, mise en évidence par Ségolène Royal, l'aura définitivement blessée dans son orgueil.
Tant et si bien qu'elle aurait voté Bayrou au 1er tour des présidentielles...
La rénovation du PS par Martine Aubry? Aucune cohérence politique ou idéologique dans sa motion.
Elle a fait la prouesse d'agglomérer, uniquement pour contrer Royal, les strauss-khaniens -ses pires ennemis sous le gouvernement de Jospin, aile droite du parti - avec les fabiusiens -aile gauche du PS qui avait fait campagne contre le traité européen en 2005, contre le vote des militants. Alliance des "carpes et des lapins" dont elle serait "le bélier", comme on le dirait à Solférino.
Et ce 1er juin 2008 où se scellaient ces "alliances", le ridicule ne tuant pas, elle laissait circuler une pétition, lancée par une proche, tout bonnement intitulée "Une autre femme est possible"... Belle conception du politique !
Pire ! Benoît Hamon a justifié son refus de rallier Royal pour cause de possible ouverture aux électeurs du centre. Eh bien Martine Aubry s'est alliée à lui alors qu'elle a été élue à Lille en mars dernier après un accord avec le MoDem de François Bayrou.
Vous en voulez encore ? Dans sa motion, arrivée troisième, elle prône l'ouverture aux "démocrates" après le rassemblement de toute la gauche, exactement dans les mêmes termes que l'ex-candidate à la présidentielle.
Aujourd'hui, elle ne respectera pas les procédures du PS et rejettera tout rassemblement autour de la motion arrivée en tête, celle de Gérard Collomb et de Ségolène Royal.
C'est qu'elle revient de loin...
Sa longue traversée du désert

Renaud Dély, dans La guerre des "ex", après avoir rappelé la réputation de colérique de la lilloise -surnommée la "mère-tape-dure" ou la "mère-sévère"-, explique que, au gouvernement Jospin en 1997, Martine Aubry était "la femme socialiste promise un jour ou l'autre à avoir sa chance d'accéder à l'Elysée, l'incarnation de la gauche du XXIe siècle".
Démocrate-chrétienne, membre du club Le Siècle, prompte à s'allier avec le centre, Aubry s'est résolument "gauchie" grâce aux 35 heures.
Et Dély de rappeler les moqueries récurrentes de la grande ministre des Affaires sociales envers sa collègue Ségolène Royal, taxée de "grande bourgeoise" ou de "cruche"...
Seulement voilà, le 21 avril 2002 commença le cauchemar de Mme Aubry. Ses larmes sur les plateaux de télévision résumaient l'échec du jospinisme à elles-seules.
Elle perd dans la foulée son siège de députée, elle parvient à diviser les socialistes du Nord et à se faire désavouer par Pierre Mauroy, autorité morale de ces terres encore ouvrières.
Six longues années à ronger son frein, à assister impuissante malgré tous ses propos malveillants à la montée en puissance de Ségolène Royal jusqu'à sa désignation par les militants pour la présidentielle.
La vengeance
Sa hargne n'a point faibli.
Sa malveillance non plus, tant et si bien qu'elle se fendra d'une déclaration d'une teneur politique étrange: "Je suis quelqu'un de doux et de gentil"...
Ses commentaires sur une Ségolène qui serait de "droite" et "sécuritaire", ses malaises durant la campagne de sa rivale, sa condamnation de la "démocratie participative", alors qu'elle vient de la mettre en pratique dans sa ville, et sa victoire en mars 2008, alliée au MoDem de Bayrou à Lille sonnaient évidemment l'heure de la revanche à tout prix.
Alors après tout cela, elle n'aura de cesse d'instiller l'idée que Ségolène Royal n'aurait pas défendu les "valeurs" de la gauche, qu'elle incarnerait évidemment mieux.
Ses efforts pour repousser le plus loin possible le congrès socialiste, en vue d'épuiser Royal faisaient partie de sa stratégie tout entière ciblée contre l'ex-candidate.
Quitte à s'allier avec n'importe qui... Quitte à convoler avec un Delanoë dont elle avait fustigé le credo libéral.
Ségolène Royal arrivée en tête des motions le 6 novembre 2008, rien n'y fait. Après avoir fait mine d'accepter l'offre de rassemblement de sa "meilleure ennemie", c'est avec un mépris indicible qu'elle a accueilli ses propositions: "elles manquent de hauteur", rien que ça...
Si le prix de sa vengeance est l'éclatement du PS avec un congrès désastreux, elle n'en a cure... Si les militants sont désavoués, peu lui importe. Si aucun projet autre que l'élimination de Ségolène Royal n'émerge à Reims, elle s'en fiche.
Une seule chose compte : le meurtre politique de l'ex-candidate aux présidentielles et peut-être un jour la tête du PS pour la conquête de l'Elysée.
(Sources : Le Post, Le Jdd.fr, NouvelObs.com, La guerre des "ex" de Renaud Dély sur Amazon.fr, Changer à Gauche pour changer la France, France 2, La Voix du Nord, BFM-TV)"



